Le prince (1773-1793) Louis-Philippe d'Orléans est un proche cousin du roi Louis XVI, la Maison d'Orléans étant la branche cadette de la Maison de Bourbon. L'adolescent, comme toute la famille d'Orléans, est sensible aux idées nouvelles. Lorsque la Révolution éclate, il s'engage dans les armées révolutionnaires dont il est un des jeunes généraux. Au procès de Louis XVI, le père de Louis-Philippe, dit Philippe-Egalité, vote la mort du Roi ; il sera lui-même décapité quelques mois plus tard. Après l'exécution de Louis XVI, le jeune prince déserte pour fuir à l'étranger. En exil, il épouse une princesse de Bourbon-Sicile (nièce de la reine Marie-Antoinette, et tante de l'impératrice Marie-Louise !), la future bonne reine Marie-Amélie, dont il aura huit enfants.
1830 Après vingt années d'errance, des Etats-Unis jusqu'au cap Nord, Louis-Philippe revient en France où se succèdent sur le trône les deux frères de Louis XVI, Louis XVIII puis Charles X. C'est l'époque de la Restauration (1814-1830). En juillet 1830, une nouvelle révolution éclate pour instaurer une république, mais les Chambres, préférant une monarchie constitutionnelle, optent pour le duc d'Orléans. Louis-Philippe s'engage à observer la Charte qui limite ses pouvoirs, et à prendre le titre de roi des Français, non celui de roi de France.
Le roi des Français En 1830, la France est déchirée entre factions rivales : royalistes (tenants de l'ancienne monarchie), orléanistes (tenants de la nouvelle), républicains et bonapartistes. Louis-Philippe se veut le roi de tous les Français et la création du musée d'histoire de France à Versailles symbolise cette volonté : la nation française ne renie aucun de ses fils. Elle illustre également l'essor de l'école historique et le goût historiciste du romantisme.
La monarchie de Juillet Le règne dure dix-huit ans : de la révolution de 1830 à la révolution de 1848. C'est le triomphe de la bourgeoisie et du progrès. Des techniques modernes naissent : les chemins de fer, la navigation à vapeur, la photographie. Tandis que les ministres Thiers puis Guizot gèrent les affaires intérieures, réprimant les insurrections ouvrières, le Roi mène une politique étrangère modérée, mais il s'engage dans la conquête de l'Algérie, soutient l'indépendance de la Belgique contre la Hollande et se réconcilie avec l'Angleterre de la reine Victoria (l'Entente cordiale).
Protecteur des Arts A l'époque de Louis-Philippe, la littérature et les arts connaissent un éclat prodigieux, avec Musset, Lamartine, Victor Hugo, Balzac, Stendhal, Dumas, Ingres, Delacroix, Berlioz (dont les portraits figurent dans les collections de Versailles). Grand amateur d'histoire et de théâtre, Louis-Philippe apprécie également les beaux-arts : peinture, sculpture et surtout architecture. Il fait travailler à toutes ses demeures, ainsi qu'à Versailles qui bénéficie d'une énorme commande et d'immenses travaux, et à Trianon où il séjourne souvent, en famille.