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Un mauvais courtisan A 17 ans, Gilbert du Motier, marquis de La Fayette (1757- 1834) est à Versailles. Possédant une immense fortune et introduit par son mariage dans une famille puissante et proche de Louis XVI, il a tout pour réussir. Mais son esprit d'indépendance lui fait refuser une brillante charge de Cour, il préfère la carrière militaire. Jeune officier, il se passionne pour la cause des Insurgés américains et, contre la volonté du Roi, il organise secrètement son départ pour le Nouveau Monde.
L'Amérique à Versailles Chaque partie du monde a joué son rôle et a eu son tour. Ce sera bientôt celui de l'Amérique ! avait dit Louis XV en 1759. En 1766, Franklin avait été bien accueilli, mais l'indépendance des colonies anglaises n'était pas à l'ordre du jour. Dix ans plus tard, face à la Déclaration d'Indépendance proclamée à Philadelphie, Louis XVI hésite : faut-il soutenir le mouvement comme le veut Vergennes, son ministre des affaires Etrangères ; faut-il, comme le préconise Turgot, s'en abstenir par raison d'économie ? Franklin, reçu en 1778 dans la chambre du Roi, n'obtient que des mots aimables. L'année suivante, lors d'un premier retour en France, La Fayette persuade le Roi d'engager militairement la France. Une amitié durable s'établit entre les deux pays, qui sera encore renforcée par la présence de Jefferson.
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Le héros des deux mondes Major général de l'armée américaine à 20 ans, ami de Washington qui le traite comme son fils, La Fayette contribue, en véritable héros, aux succès militaires des Insurgés, et notamment à la prise de Yorktown. A la suite de cette bataille décisive, l'Angleterre, traitant directement avec les Etats-Unis, leur accorde l'indépendance, tandis que le traité de Versailles (1783) met fin officiellement à la guerre d'Amérique. De retour à la Cour, La Fayette connaît un triomphe ; à Trianon, il danse un quadrille avec Marie-Antoinette et, en dépit des opinions progressistes du jeune homme, Louis XVI le traite toujours avec bienveillance.
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Républicain pour les royalistes Aux Etats-Unis, La Fayette a été conquis par les idées de liberté. Au sein de l'Assemblée nationale constituée à la suite du serment du Jeu de Paume, il rédige la première Déclaration des droits de l 'Homme, largement inspirée de la Déclaration américaine. Le lendemain de la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, il se fait nommer, contre l'avis du Roi, commandant de la Garde nationale chargée d'assurer l'ordre dans Paris et va ainsi jouer un rôle déterminant dans les débuts de la Révolution.
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Royaliste pour les républicains
Dans Paris affamé par la cherté du pain, les émeutes se succèdent : la Révolution est en marche. A Versailles, un banquet offert dans l'Opéra par les Gardes du Corps du Roi à leurs camarades des régiments arrivés en renfort est perçu comme une provocation. Le 5 octobre 1789, le peuple de Paris marche sur Versailles. Le lendemain, La Fayette, débordé, laisse envahir le château et massacrer les Gardes du Corps qui défendent l'appartement de la Reine. Intervenant courageusement , il sauve de justesse Marie-Antoinette et paraît avec elle au balcon de la chambre du Roi. Louis XVI doit partir avec la Cour pour Paris, il ne reviendra jamais à Versailles. Désormais, louvoyant entre les factions révolutionnaires et monarchistes, La Fayette paraît suspect à tous. Sous la Terreur, il doit fuir à l'étranger ; il tentera, sans succès d'empêcher que Louis XVI et Marie-Antoinette ne soient guillotinés (1793).
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Bleu, blanc, rouge Après une très dure captivité de cinq années dans les cachots autrichiens, après une longue retraite dans son château d'Auvergne, après un dernier voyage triomphal aux Etats-Unis, voici en 1830 le vieux Lafayette, resurgi de la légende qui remet le drapeau aux trois couleurs à Louis-Philippe ; les couleurs de l'insigne qu'il avait donné à sa Garde Nationale en 1789.
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