Création de madame de Pompadour Enfant, Louis XV disait : J'aime tant Trianon ; il s'agissait alors du Grand Trianon. Dans les années 1750, madame de Pompadour le ramène en ces lieux. Le Roi aime se promener en sa compagnie à la nouvelle Ménagerie, dans le jardin botanique et dans les serres que Bernard de Jussieu, le célèbre savant, vient d'y installer. Au retour de ces promenades, il s'arrête dans le pavillon nouveau érigé au centre du jardin français pour y classer ses herbiers ou prendre une collation de lait et de fraises, ou pour un souper dans le salon frais. A partir de 1763, cédant aux arguments de madame de Pompadour et de son frère Marigny, il commande un nouveau château : le Petit Trianon dont la construction s'achève en 1768.
Un nouveau style L'architecture "à la grecque" est alors la dernière mode. Anges-Jacques Gabriel réalise ici son chef-d'oeuvre. Sobriété, richesse raisonnée de l'ornement, ordre et perfection caractérisent cette nouvelle manière de bâtir. La rupture avec le style rocaille se retrouve à l'intérieur, en particulier dans le décor de boiseries d'une élégance exceptionnelle.
"Au nom de la Reine" Marie-Antoinette marque ces lieux de sa présence. La reine est là dans son domaine ; Louis XVI lui en a fait présent dès son avènement : "Que ces bosquets parfumés de lilas, peuplés de rossignols, étaient délicieux... la Reine y restait la plus grande partie de la belle saison", écrit la baronne d'Oberkirch en 1782. Tout s'y fait par ordre de la Reine : "De par la Reine"... Pour préserver l'intimité de la souveraine et satisfaire son goût du naturel, rien n'est épargné. Un boudoir est doté d'un ingénieux mécanisme de glaces mouvantes ; de nouveaux meubles, chefs-d'oeuvre d'ébénisterie et de menuiserie célèbrent par leur décor les fleurs et les moissons.
Le jardin "A la place de la grande serre chaude (la plus savante et la plus chère d'Europe), des montagnes assez hautes, un grand rocher et une rivière. Jamais deux arpents de terre n'ont tant changé de forme, ni coûté tant d'argent ", s'exclame, furieux, le duc de Croÿ en 1780. Marie-Antoinette a tout transformé pour créer son jardin anglais. Son architecte, Richard Mique, y construit de 1776 à 1783 un jeu de bague chinois, un Temple de l'Amour, le pavillon du Rocher, un théâtre, puis le Hameau. Réceptions et illuminations nocturnes s'y succèdent, recréant au Trianon de la Reine l'esprit de fêtes des premières années de Versailles.